COP 21 : village global

Cent quatre vingt quinze gouvernements qui parviennent à s’entendre sur le fait que le réchauffement climatique est une réelle menace pour l’humanité, que des changements profonds de modèle de développement sont urgemment nécessaires, que les pays les plus industrialisés portent une responsabilité vis-à-vis des autres, que des mécanismes de solidarité doivent être mis en œuvre : voilà un moment important dans l’histoire !

Pour la première fois, l’ensemble des gouvernements reconnaît l’existence d’un bien commun : l’atmosphère, qu’il faut à tout prix protéger d’une dégradation fatale. Face à la nécessité de préserver ce bien commun, chaque État doit accepter de reconsidérer ses intérêts particuliers de court terme.

Mais l’accord, aussi spectaculaire soit-il, met en évidence l’importance du chemin qui reste à parcourir. Non seulement sur les plans économique et technique : comment atteindre concrètement les objectifs de réduction des concentrations en gaz à effet de serre ? Mais aussi en ce qui concerne la gouvernance mondiale. La COP 21 illustre les limites de la méthode intergouvernementale :
le processus de décision à l’unanimité freine et réduit l’ambition des décisions ;
l’absence de juridiction commune et d’exécutif commun prive les engagements d’un caractère réellement contraignant,
l’absence de représentation légitime des citoyens du monde et de leurs associations prive le processus d’une dynamique de progrès.

Avec les Nations Unies pour seule autorité, la planète bleue en reste au niveau archaïque d’une régulation impuissante, qui ne dépasse pas en moyens d’action ceux de la société des nations.

Il est urgent qu’émerge un débat de fond sur les institutions globales que la lutte contre le changement climatique rend nécessaires.

En attendant, ce n’est vraisemblablement pas au niveau des gouvernements nationaux que les progrès se réaliseront : c’est à celui des collectivités locales, régions, métropoles, territoires ruraux que les marges de manœuvre et la capacité d’agir reposent. Et ce sont les organisations non gouvernementales, les associations et les citoyens qui constituent l’âme du village global.

2 Comments

  1. Un accord c’est bien mais sans contreparties réellement contraignantes c’est bien souvent voué à l’échec. Mais ne soyons pas pessimistes ! Une prise de conscience à l’échelle mondiale est en train de s’opérer même si la question environnementale a bien souvent été reléguée au second plan depuis la crise de 2008. La COP21 reste un bon signe pour l’avenir, un signal pour les générations futures. En espérant bien-sûr que les objectifs seront, pour la globalité, atteints.

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    1. Jean-Luc Delpeuch 22 décembre 2015 at 9:46

      Bien d’accord ! La capacité à atteindre les objectifs dépendra largement de la volonté de se doter de mécanisme de gouvernance globale réellement innovants, sans lesquels les bonnes résolutions resteront lettre morte ou lettre vaine.

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